Grossesse: Vivre un deuil périnatal

Le deuil périnatal est un sujet encore tabou. Dans notre société, un profond malaise existe face à la mort, surtout lorsqu’il s’agit de celle d’un enfant, d’un bébé ou d’un fœtus. Le sentiment de deuil arrive lors de la perte d’un bébé à la naissance ou après, mais peut aussi se produire suite à l’annonce d’une fausse couche, d’une interruption médicale de grossesse suite à un diagnostic d’anomalie fœtale ou de la mort d’un jumeau. Il faut savoir que même si la grossesse n’a duré que quelques semaines, le deuil est bel et bien présent. Il faut savoir que même si la grossesse n’a duré que quelques semaines, le deuil est bien réel.

 

Selon L’INSPQ (Institut national de la santé publique du Québec), c’est environ 20% des grossesses qui ne se rendent pas à terme, soit 1/5. En 2017, 214 bébés sont morts à la naissance, 285 durant les premiers 28 jours de vie et 63 durant la première année de vie.

 

Quand ça arrive, que se passe-t-il?

C’est tout un monde qui s’écroule et les réactions des parents peuvent varier. Le déni, la confusion, les pleurs, la colère, la culpabilité. Ce sont toutes les étapes d’un deuil qui s’enchaînent, mais elles ne seront pas nécessairement dans un ordre défini. Les étapes peuvent durer chacune de quelques minutes à quelques mois, se répéter et s’entremêler. Un deuil périnatal est difficile à vivre, car les émotions et réactions qui y sont associées ne sont pas valorisées dans notre société. Il est plus facile de montrer sa force silencieuse que sa vulnérabilité en pleurant ou criant. La peur du jugement peut influencer la façon dont un parent réagira en présence de son entourage. Il est donc important de normaliser leurs émotions avec empathie et sans jugement.

 

Source du tableau: INSPQ

 

Comment aider les parents qui vivent un deuil périnatal?

Suite à l’annonce de la perte d’un enfant, les parents auront besoin d’une personne ressource pour prendre en charge une partie de leurs responsabilités afin de leur permettre de vivre leur deuil sans stress supplémentaire. Il est important de valider les désirs des parents pour éviter de vous imposer. Voici une liste de choses que vous pourriez faire:

 

Leur suggérer de contacter pour eux la Fondation Portraits d’étincelles qui offre une équipe de photographes et retoucheurs bénévoles pour conserver des souvenirs de leur bébé.

 

Avant leur retour de l’hôpital, visitez la maison des parents afin de ranger dans la chambre de bébé tous les objets et/ou photos de bébé (photo d’échographie sur le frigo, balançoire de bébé dans le salon, etc). Ces éléments pourraient être un rappel trop douloureux à leur arrivée. Ils pourront ainsi choisir le moment auquel ils se sentiront prêts à ouvrir la porte à ces souvenirs difficiles. Surtout, ne jetez rien!

 

Prévenir les employeurs des parents de la situation afin de prévoir un temps de pause.

 

Remplir les documents et la paperasse. Être en charge de poster le tout et de s’assurer du suivi.

 

S’il y a d’autres enfants dans la famille, offrez-vous pour les garder quelques jours. Prévenez aussi la garderie/école si absence.

 

Faites les corvées, comme une épicerie, des repas, du lavage ou du ménage.

 

– Vérifier s’ils ont des ressources à contacter pour les aider ou des rendez-vous à prendre (soutien psychologique, suivi médical pour maman). Proposer de les accompagner au besoin.

 

Proposez votre aide pour convenir d’un arrangement funéraire ou d’un rituel honorant la vie du bébé.

 

Quoi dire?

Une proche a fait une fausse couche et vous aimeriez trouver les bons mots pour la soutenir? Un couple de votre entourage a perdu un enfant et vous voulez leur démontrer votre support? N’ayez pas peur d’aborder le sujet! Parler du bébé est une façon d’honorer sa vie, la rendre réelle et lui donner un sens. Aussi courte soit-elle. Quelques suggestions:

 

Comment ça va? Réellement. Soyez prêt à entendre et accueillir la «vraie» réponse.

 

Veux-tu me raconter comment ça s’est passé?

 

Comment ça va avec ton conjoint/e depuis la perte de votre bébé? L’impact du deuil peut être fort sur un couple.

 

Mentionnez votre désir d’aider et demandez ce que vous pouvez faire pour eux.

 

Proposez une sortie neutre (prendre une marche ou boire un café). Évitez les endroits qui pourraient rappeler la perte du bébé.

 

Quoi éviter?

Les parents peuvent être blessés par le manque de compréhension et de support de leur entourage. Le deuil est présent et les émotions qui s’y rattachent aussi. Il est normal pou vous aussi de  ressentir de la peine ou de la colère. Mais faites attention! Il ne faut pas chercher de coupable. Évitez d’imposer votre propre bagage émotionnel. Votre deuil est très différent. Évitez ce genre de commentaires :

 

« Tu es jeune, tu en auras d’autres ce n’est pas grave. »

« Tu es forte, ça va passer! »

« Tu aimeras plus le prochain! »

« Je ne sais pas comment tu fais, je ne serais pas capable! »

« Au moins vous en avez un autre… »

 

Bien que ces commentaires ne soient pas mal intentionnés et dans un désir d’encouragement, ceux-ci peuvent avoir l’effet d’une bombe sur le parent endeuillé et lui générer de la culpabilité voir de l’incompréhension face à ses émotions. Il est préférable de rester neutre dans vos propos et d’écouter.

 

Finalement, une petite pensée pour les parents aux dates importantes leur fera plaisir et peut aider à mieux vivre une journée difficile. N’hésitez pas à les appeler, à envoyer un message ou une carte, offrir des fleurs lors de la fêtes des mères/pères, anniversaire du décès ou encore à l’anniversaire (selon la date prévue d’accouchement).

 

Vous êtes un parent en deuil périnatal et avez besoin de soutien?
Voici quelques ressources spécialisées et livres sur le sujet: 

 

Bedon Zen

Parents orphelin

La maison anaelle

Maude Duchemin, TS & accompagnante périnatale

Les rêves envolés, Suzy Fréchette-Piperni

Dans ces moments-là, Hélène Guérin

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